Chapitre II

Publié le par Nicolas

Chapitre II

Chapitre II

L’entreprise.

Quelques semaines plus tard, dans un tirage du mois de janvier, le Paris Match, titrait un article ainsi conçu :

« Madagascar va livrer enfin le secret de ses vastes solitudes : la famille Poussin nous donnera le mot de ces énigmes que les savants et ethnologues de dix siècles n’ont pu déchiffrer. Une aventure plus audacieuse que celle de l’aéronautique, après la traversée de l’Afrique à plante de pied, le tour de Madagascar à dos de sandales et de sabots, en famille et en zébu. Un périple que les malgaches eux-mêmes ne foulent pas, non pas faute de moyens mais faute de raison. En ce XXIème siècle, le voyage n’est très certainement plus une destination mais le moyen d’y arriver. Qui peut mieux témoigner de cela que ceux qui ont réalisé le chemin de Compostelle, un coquillage à la main à l’aller, mais le coquillage en soute au retour ? Le but n’est plus d’arriver au sommet mais de tenter une nouvelle voie, la sienne… »

Se plaçant à son bureau, cette lecture fit la place à l’écriture du message suivant :

« Chère amis, nous nous proposons de traverser en camion les routes reliant Bruxelles à Sydney. Nous partirons le premier Avril de l’an 2017 en lieu et place du Parc Parmentier au cœur de Bruxelles. Quant à la date d’arrivée, à la Providence seule il est réservé de la connaitre. Par ce moyen, nous tiendrons nos amis et lecteurs au courant de cette tentative, qui est sans précédent dans les fastes de notre histoire de famille. »

Elle éteignit sa lumière sur ces quelques mots qui, comme attendu, eurent un tendre et excitant retentissement pour les uns et une allure chimérique pour d’autres. Bientôt d’ailleurs, le doute ne fut plus possible, se dissipant au gré des préparatifs qui se faisaient bon train à Bruxelles. Trois déclarations d’intentions furent nécessaires auprès des directeurs des établissements professionnels ayant la largesse de mettre à disposition deux années de mobilité à ses employés, avant qu’ils n’intègrent le potentiel départ. Par ailleurs, les ouvriers s’affairaient, en colonne de fourmis,  à travailler à l’achèvement de la demeure familiale afin que celle-ci soit mise à disposition du marché locatif, car si l’entreprise devait supporter une bourse conséquente, il avait été décidé de ne point vendre cette sédentaire assurance considérée comme une cage par Madame Raphaëlle mais comme un coffre-fort pour son miroir. Ce bel ami devait également terminer des travaux scientifiques, qui pour lui étaient de la plus haute importance, pour l’estime qu’il avait de lui-même, pour la science et pour la confiance que son équipe avait engagé en lui durant quatre années.

De longues discussions suivirent entre amis sur la possibilité du voyage, ses chances de succès, la nature des obstacles, les probabilités ou improbabilités du retour de la famille après avoir découvert les terres australes. Mais aussi sur l’immense avantage du mode de locomotion qu’offrait la voie terrestre, mais blâmaient parfois le parcours qui passaient à proximité de zones en conflit d’esprit - mais point seulement. Plus d’un aventurier hardi se proposa sur un coup de tête de partager le plaisir et les découvertes de cette tentative mais aucun n’avança d’arguments ou d’intentions décisifs.

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